Ovaires et trompes

Gynécologiques & environnementaux

 

LE NOMBRE D’OVULATIONS

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LES FAITS

Les femmes, ayant eu leurs premières règles avant l’âge de 12 ans ou leur ménopause après 52 ans, présentent un risque légèrement augmenté en raison d’un nombre accru de cycles menstruels.

A l’inverse, l’hystérectomie (ablation de l’utérus) et la ligature des trompes après des grossesses semblent être des facteurs réducteurs de risque en diminuant le nombre de cycles menstruels.

Tous ces facteurs peuvent légèrement modifier le risque en modulant le nombre possible d’ovulations.

LES HYPOTHÈSES… 

Il semble y avoir une relation entre le nombre de cycles menstruels et donc le nombre d’ovulations pendant la vie d’une femme et le risque de développer un cancer de l’ovaire.

Le lien entre ovulation et cancer épithélial de l’ovaire pourrait s’expliquer par le fait qu’au cours de chaque ovulation, l’épithélium de l’ovaire est rompu pour permettre la migration de l’ovule. Ce serait ce processus de rupture puis de cicatrisation répétitive qui favoriserait la survenue d’anomalies cellulaires propres à la cancérisation.

 

LES AUTRES FACTEURS DE RISQUE

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L’INFERTILITÉ

Globalement 

L’infertilité due à un facteur ovarien ou hormonal est un facteur de risque de cancer de l’ovaire.

Les traitements de la stérilité 

Dans certaines études, l’utilisation prolongée de stimulateurs d’ovulation tel le citrate de clomiphène (Clomid™), destinés à favoriser l’ovulation, pourrait être un facteur de risque, en particulier dans le cas où la grossesse n’aurait pu être menée à son terme. Dans ce cas, il s’agit le plus souvent dans ce cas de tumeurs à faible malignité.

Comme l’infertilité augmente par elle-même le risque de cancer de l’ovaire, l’influence de la prise de stimulateurs d’ovulation pour une fécondation in vitro (FIV) reste controversée bien que la plupart des études montrent une légère augmentation du risque.

Des recherches supplémentaires sont en cours pour clarifier les liens exacts entre stimulateurs d’ovulation et cancer de l’ovaire.

LE TRAITEMENT HORMONAL SUBSTITUTIF (THS) DE LA MÉNOPAUSE 

L’étude danoise 

Elle a porté sur 909 946 femmes et publiée dans la revue américaine JAMA (2009; 302:298-305)  a montré une légère augmentation du risque de développer la maladie, quel que soit le type de TSH utilisé.

L’augmentation du risque relatif est de 1,38 (intervalle de confiance 95% de 1,26 à 1,51). Ceci se traduit par un nouveau cas par an cas pour 8300 patientes traitées par le THS.

La méta-analyse portant sur 52 essais 

Cette étude portant sur 12 110 femmes ménopausée et publiée dans The Lancet (2015;9980:1835–42) a confirmé une légère augmentation du risque, même en cas d’une utilisation de moins de 5 ans de 37 % (intervalle de confiance 29 à 46 %) soit un cas supplémentaire pour 1 000 utilisatrices et un décès pour 1 700 traitées.

 LES MALADIES INFLAMMATOIRES PELVIENNES (MPI) 

Des affections comme les salpingites seraient associées à une augmentation du risque de cancers séreux de l’ovaire et de tumeurs « limites » (border line).

 

D’AUTRES FACTEURS NON GYNECOLOGIQUES

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LE TABAGISME

C’est un facteur de risque pour les tumeurs mucineuses.

LE SURPOIDS & L’OBÉSITÉ 

Le risque de cancer de l’ovaire est augmenté à la fois avec la taille et, chez les femmes qui n’ont jamais eu de traitement hormonal, à l’indice de masse corporelle (IMC).

Selon une étude récente une augmentation de 5 kg/m² de l’IMC serait associée à une élévation du risque de développer la maladie de 10 %.

D’AUTRES FACTEURS TRÈS RARES 

Un risque plus élevé de développer un cancer épithélial de l’ovaire est associé à :

  • Une exposition à l’amiante (asbestose)est un facteur de risque établi
  • Une infection par le virus ourlien (oreillons)
  • Un talcage de la cavité abdominale à l’occasion d’une intervention chirurgicale. Dans ce cas, une inflammation chronique se développerait qui ferait le lit à la maladie, pour certains auteurs. Pour d’autres, ce serait la contamination du talc par des fibres d’amiantes.

 

FACTEURS POUVANT DIMINUER LE RISQUE

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LA PILULE 

La prise de contraceptifs oraux pendant une période d’au moins 5 ans, même discontinue, diminue le risque de cancer de l’ovaire d’environ 50 %.

De plus, une méta-analyse récemment publiée et portant sur 6 476 femmes avec une mutation des gènes BRCA1 et/ou BRCA2, n’a pas révélé un excès de risque dans cette population.

AVOIR EU OU PAS DES ENFANTS 

La grossesse 

Plus une femme a eu d’enfants, moins elle risque d’avoir un cancer de l’ovaire. Il est classique de dire que chaque grossesse réduit le risque de cancer de l’ovaire de 10 %.

Les femmes n’ayant jamais eu d’enfant et dont l’ovulation n’a jamais été interrompue, ou celles qui ont un enfant après 30 ans sont plus exposées que celles qui ont eu des grossesses.

L’allaitement 

Il diminue également légèrement le risque de cancer de l’ovaire, probablement parce qu’un certain temps est nécessaire pour que les femmes reprennent leurs menstruations après leur allaitement.