Corps de l'utérus (endomètre)

Selon le stade

 

AVANT PROPOS

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Le traitement de la maladie, en dehors de la chirurgie pour laquelle il existe un consensus, fait l’objet de nombreuses discussions parmi les spécialistes.

Les informations qui vont être données représentent les traitements les plus souvent préconisés en France, ce qui veut dire que d’autres options, tout aussi valables, peuvent vous êtes proposées.

 

AU STADE DE MALADIE LOCALISÉE

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AUX STADES IA, IB, IC 

Le contexte 

A ce stade l’objectif du traitement est de vous guérir. Le risque de récidive est, à ce stade très faible, de moins de 4 %. Le risque d’une atteinte ganglionnaire est, classiquement, minime, de l’ordre d’un pour cent.

Les options  

Le traitement standard consiste en une hystérectomie totale, enlevant le corps et le col de l’utérus, et une salpingo-ovariectomie, c’est-à-dire une ablation des trompes de Fallope et des ovaires.

La dissection des ganglions lymphatiques pelviens ou leur prélèvement par laparoscopie est un sujet de controverse mais n’est pas  recommandé à ce stade de la maladie.

Durant l’intervention, les organes situés près de l’utérus et le péritoine (fine membrane qui tapisse la cavité abdominale) sont minutieusement examinés pour déterminer si le cancer s’est étendu au-delà de l’utérus.

 Le traitement chirurgical conservateur    peut constituer une option pour les cancers localisés de stade I bien différenciés chez une femme en âge de procréer (5 % des cas de cancer) désirant un enfant. Dans ce cas le traitement conservateur associé à une hormonothérapie (progestatif) implique un suivi précis incluant des curetages répétés de vérification. Cette technique est associée avec le même taux de guérison que le traitement chirurgical.

Les traitements complémentaires 

Ils font appel à la radiothérapie mais ne sont pas systématiques, cette attitude ayant été confirmée par l’étude ATEC, récemment publiée :

  • Au stade IA
    • Le traitement standard comprend une simple surveillance
    • L’autre option est une curiethérapie pour les grades 3, les lésions étendues et les tumeurs près du col. Cette approche permet de diminuer le risque de rechutes locales.
  • Au stade IB
    • La tumeur est de grade 1 ou 2
    • Il n’y a pas de traitement dit standard et on pourra vous proposer soit une curiethérapie, soit une simple surveillance
  • Au stade IC
    • La tumeur est de grade 3
    • Il n’y a pas de traitement dit standardet pourra vous proposer soit une curiethérapie, soit une radiothérapie externe.

AU STADE II 

A ce stade l’objectif du traitement est de vous guérir.

Le traitement chirurgical standard 

Il consiste en une hystérectomie totale élargie de type Piver II. Elle consiste en une ablation du corps, du col de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires. Cette hystérectomie peut être associée à un curage des ganglions lymphatiques pelviens.

Les traitements complémentaires 

La radiothérapie adjuvante est proposée dans le traitement standard.

Au stade IIA, le   traitement standard dépend de l’importance de l’infiltration de la tumeur dans le muscle utérin :

  • Moins de 50 % ou de grade 1 ou 2, le traitement est une curiethérapie
  • Plus de 50 % ou de grade 3, on vous proposera une radiothérapie externe associée à une curiethérapie vaginale dite de surimpression

Au stade IIB, l   e traitement standard comporte une radiothérapie externe associée à une curiethérapie vaginale de surimpression.

 

AU STADE DE MALADIE AVANCÉE

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AU STADE III 

A ce stade l’objectif du traitement est de vous guérir ou de très bien contrôler votre maladie. C’est pourquoi à ce stade le bilan pré-thérapeutique est très important.

La chirurgie 

Elle comporte, en général deux étapes.

La première étape a pour but de faire le bilan de la maladie. Il s’agit d’une laparotomie exploratrice qui permet de préciser le stade exact de la tumeur, l’existence ou non de métastases ganglionnaires lombo-aortiques et hépatiques. La biopsie des ganglions latéro-aortiques sera systématique. Une biopsie tumorale permettant une recherche sur le tissu tumoral des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone.

La seconde étape, éventuelle consiste en une hystérectomie totale élargie de type Piver II associée à un curage des ganglions lymphatiques pelviens. Un curage des ganglions lombo-aortiques est aussi une option.

Les traitements complémentaires 

La radiothérapie adjuvante n’est pas systématique mais peut être proposée. Il s’agit souvent d’une radiothérapie externe pelvienne ou abdomino-pelvienne. Parfois elle associée à une curiethérapie endovaginale dite de surimpression.

L’hormonothérapie ou la chimiothérapie adjuvante ne sont pas des traitements standards. L’hormonothérapie est une option dans de rares cas. La chimiothérapie  est rarement préconisée car des études n’ont pas prouvé une amélioration significative du taux de survie. Elle peut être envisagée dans le cadre d’essais thérapeutiques.

AU STADE IV 

L’objectif des traitements est de très bien contrôler votre maladie et d’en modifier le cours. A ce stade, il n’y a pas de traitement standard mais il existe de nombreuses options.

La radiothérapie 

Elle fait appel soit à la radiothérapie externe soit à la curiethérapie. Parfois la radiothérapie peut être associée à une chimiothérapie.

L’association d’une radiothérapie et d’une chirurgie complémentaire est quelquefois proposée, comme pour les stades moins avancés.

Les autres options 

Des études ont prouvé que la chimiothérapie pouvait faire diminuer la taille de la tumeur, améliorer les symptômes et prolonger la vie, même si les médicaments actuels ne peuvent pas encore guérir le cancer de l’utérus à ce stade d’évolution.

Les protocoles les plus utilisés comprennent la doxorubicine (Adriblastine™) et le cisplatine (protocole AP). Dans certains protocoles, pour éviter une hospitalisation, le cisplatine peut être remplacé par le carboplatine (Paraplatine™) ou le cyclophosphamide.

Les associations d’un sel de platine avec un taxane (Carbo-Taxol™) tendent à s’imposer.

Les triples associations (triplets) du type “TAP” ne sont plus préconisés en raison de leur toxicité.

L’hormonothérapie est une option si la tumeur exprime des récepteurs hormonaux.

La participation à un essai thérapeutique 

Vous pouvez, aussi, envisager de participer à des essais thérapeutiques (études scientifiques sur des traitements prometteurs) au cours desquels sont testées de nouvelles chimiothérapies ou d’autres traitements.

 

EN CAS DE RECHUTE

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LE CONTEXTE 

Le cancer de l’endomètre peut récidiver localement (récidive vaginales) ou à distance, dans d’autres organes.

Les trois quarts des récidives interviennent durant les deux premières années suivant le traitement radical mais, plus rarement, elles peuvent être tardives.

Dans le cas de cancer récidivant, des guérisons sont encore possibles lorsque la récidive est limitée. Si ce n’est pas le cas, les traitements auront comme objectif de contrôler le plus longtemps possible la maladie.

LES OPTIONS THÉRAPEUTIQUES 

Elles sont proches de celles préconisées pour le stade IV.

La chirurgie 

Dans ce cas le chirurgien retirera la tumeur avec les organes de voisinage touchés, comme la vessie ou le rectum. C’est une exentération pelvienne.

La radiothérapie 

Si la tumeur récidivante est importante et qu’elle entraîne des douleurs ou des symptômes de compression, la radiothérapie peut être utilisée pour réduire la taille de la tumeur et soulager les symptômes.

La chimiothérapie de seconde ligne ou  de rattrapage 

Les médicaments le plus souvent utilisés sont   un sel de platine,   cisplatine ou, plus souvent, le carboplatine associé à    la doxorubicine (Adriblastine™)   ou le   paclitaxel (Taxol™).

Les nouveaux agents anticancéreux en cours d’évaluation dans des essais thérapeutiques, comprennent,   le docétaxel (Taxotère™),  l   es dérivés de la campothécine : irinotécan (Campto™) ou   la vinorelbine (Navelbine™).

L’hormonothérapie 

Elle peut être utile à ce stade de la maladie, s’il n’existe pas de contre-indications à son utilisation. Le problème de la dose optimale est une question débattue. Une étude récente n’a pas prouvé que l’efficacité des fortes doses de progestérone soit supérieure à celle des faibles doses.

 

POUR NOUS RÉSUMER…

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